Tendresse à quai, d’Henri Courseaux

26 septembre 2018, , , , , , , ,

La chronique en vidéo :

Vidéo originale de la bande-annonce à retrouver ici.
Georges Brassens à admirer là, Bourvil par ici et Jacques Brel à cet endroit.

Photos/DR

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Un homme d’un âge avancé voit une jeune femme, elle attend son train. Peut-être prendront-ils le même ? Hélas, non. La voilà qui part. Elle n’était qu’une passante et, comme Brassens, il n’a pas su la retenir.

Il est auteur, lauréat du prix Goncourt. Sur un bout de papier, il écrit son amour furtif et fou, son envie paternelle de l’enlacer. Ca servira un futur roman, se dit-il.

Un an plus tard, elle sonne chez lui, bien décidée à réclamer son câlin promis. Elle s’est reconnue dans la prose de l’auteur, il avait bon sur toute la ligne, sa solitude, ses aspirations, il avait tout deviné, notamment son besoin de tendresse.

« Le conditionnel laisse aux entrées des portes de sortie »

Elle a une trentaine d’année et lui probablement le double, leur complicité repose sur cette différence. Il n’y a pas de non-dit, aussi jouent-ils avec l’ambiguïté de leur relation. Après tout, cette tendresse paternelle n’aurait-elle pas quelques airs incestueux ?

Cet amour doux est le début d’une pièce pleine de vie et de rebondissements malicieux. Tout est jeu : la narration, les mots, même la concordance des temps est sujet à rire.

Photo/DR

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« L’adjectif est une faiblesse littéraire. »

Quand d’une perruque ou d’une paire de lunette, les deux comédiens se transforment en un autre personnage, il n’est là aussi question que d’amusement dans un écrin de drame. Les clichés sont abordés comme autant de rebondissements complices.

La complicité, d’ailleurs, qui va jusqu’au public, à qui les comédiens s’adressent sans trop que l’on sache s’ils s’adressent vraiment à lui.

En racontant la rencontre de cet homme et sa Madeleine, comme il l’a surnommée, « Tendresse à quai » offre à voir une jolie histoire, simple et douce comme un roman de gare.

Pour Quel Public : « Tendresse à quai » est un jeu littéraire doublé d’une histoire attendrissante, ponctué de saillies lyriques, illuminé de fraîcheur et de spontanéité. Un moment de douceur à partager.

« Tendresse à quai »

De et avec Henri Courseaux
Avec Marie Frémont

Mise en scène et scénographie Stéphane Cottin
Lumière Marie-Hélène Pinon
Son Michel Winogradoff
Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq
Costumes Chouchane Abello Tcherpachian
Jusqu’au 18 novembre 2018 au Studio Hébertot à Paris.

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