Rilke : spectacle poétique

9 mai 2013, , , ,

Jérémie Sonntag, seul en scène.
Photo : Gilles Rammant

Le lucernaire accueille depuis le 3 avril le spectacle « Je n’ai pas de toit qui m’abrite, et il pleut dans mes yeux… » mêlant poésie, son, vidéo et lumière.

Un jeune homme erre dans les rues.  Il rencontre le monde. Un monde agité, violent, qui le heurte à chaque instant, lui, l’hypersensible, lui, le solitaire. Il absorbe tout sur son passage, incapable de se protéger des autres.

De cet effondrement de lui-même en ressort une réflexion sur sa propre solitude, sur sa condition d’homme dans la société qui l’entoure.

 C’est de la poésie, n’ayez pas peur !

Jérémie Sonntag.
Photo : Gilles Rammant.

Pour exprimer cette collision, le metteur en scène Florian Goetz et le comédien Jérémie Sonntag ont puisé dans le répertoire de Rainer Maria Rilke, auteur surtout connu pour ses Lettres à un jeune poète .

S’en découle un montage de textes provenant des Cahiers de Malte Laurids Brigge et de poèmes qui installent une atmosphère sensitive et intime.

Les souvenirs se mêlent aux impressions du jeune homme. Il nous raconte comment enfant, il s’est inventé un double féminin pour parler à sa mère. Les autres autour de lui sont si oppressants qu’on a la sensation qu’il se consume de l’intérieur, comme s’il était dans une maison en flammes.

La technique, support sensible

Ce seul en scène ne l’est pas complètement : la vidéo, le son, la lumière, et la scénographie sont comme l’expression visible des émotions du jeune homme. Plus qu’un support, la technique porte son récit et s’adapte à lui.  Bravo à Elise Passavant qui signe la très belle création visuelle en direct.

Pour quel public ?

Je n’ai pas de toit qui m’abrite, et il pleut dans mes yeux…  plaira à ceux qui aiment Rilke et la poésie, mais aussi à ceux qui acceptent de ne pas tout comprendre, tout de suite. Ce spectacle ne se suit pas comme une histoire mais se vit comme des histoires, des sensations, des émotions. Il offre  une réflexion sur notre propre empathie, notre rapport au monde.

Avant ou après la pièce

Exposition du 7 mai au 15 juin 2013

Comme pour Jack l’éventreur, le Lucernaire organise une exposition autour de la pièce.

Du mardi 7 mai au samedi 15 juin 2013 : Les prés que l’arrêt rend imaginaires, réunit des photographies et des dessins de Roddy Laroche Samsonoff.

 

Je n’ai pas de toit qui m’abrite, et il pleut dans mes yeux…

D’après l’œuvre de Rainer Maria Rilke
Mise en scène : Florian Goetz
Avec : Jérémie Sonntag
Création et régie vidéo : Elise Passavant / Création et régie son : Maxime Vincent / Création lumières : Thierry Alexandre

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