La mort est mon métier, autobiographie d’un bourreau

22 juillet 2014, ,

lamortestmonmetier La compagnie de la Courte Echelle – Alya avait créé un spectacle à partir du témoignage d’une rescapée des camps de la mort, elle propose désormais de comprendre le point de vue d’un nazi, d’un organisateur de la solution finale, de l’extermination scientifique d’un peuple.

  • Rudolf Lang est le personnage principal du roman La mort est mon métier écrit par Robert Merle. Son histoire, à la fois romancée et documentée, est celle de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz. De sa naissance à son procès, cette pièce adaptée du roman raconte à la première personne l’histoire d’un homme qui par sa fidélité et son sens du devoir est le responsable de la mort de plus d’un million de déportés.

Franck Mercadal, qui se met lui-même en scène, incarne à la fois Rudolf Lang et ses interlocuteurs, ses métamorphoses instantanées font oublier qu’il est seul sur le plateau, l’histoire suit son cours et tous les éléments d’un futur bourreau s’assemblent devant les yeux fascinés du public.

Droit comme un i, Rudolf Lang est guidé par son patriotisme.

Droit comme un i, Rudolf Lang est guidé par son patriotisme. Photo DR/Compagnie de la Courte Echelle – Alya

Science sans conscience

Comme l’interprétation, l’écriture est à la hauteur du sujet abordé. Le monstre, capable de réfléchir au meilleur moyen de se débarrasser quotidiennement de milliers de corps, est montré dans son humanité, à travers son enfance puis sa vie de famille. Les discours simplistes sont balayés, il n’est pas présenté comme un idéologue, sa monstruosité vient de son obéissance, de sa fidélité, de son absence de conscience. Il est d’autant plus un monstre qu’il est un bon soldat.

Pour quel public :

La mort est mon métier porte son message avec justesse. Mais malgré la gravité du sujet, cette pièce est aussi un vrai bon moment de théâtre, la narration, l’interprétation et la scénographie tiennent en haleine le spectateur. Le public ressort chamboulé mais aussi galvanisé par l’expérience car la pièce est une œuvre  artistique, elle touche au cœur.

La mort est mon métier

Adapté du roman de Robert Merle
De et avec Franck Mercadal
Lumières Raymond Yana
Scénographie Olivier Prost
Musique Wilfried Wendling
Construction décors Marc Amiot

Compagnie de la Courte Echelle – Alya

Avignon 2016 : à l’espace Alya

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