Cris d’amour, de Maxence Mailfort

13 juin 2018, , ,

La chronique en vidéo :

Un homme crie sa douleur, sa solitude en amour. Autour de lui, les restes d’un appartement à l’abandon, non entretenu. Son environnement est comme son âme, en état de délabrement. Peu à peu, il reprend du poil de la bête, allant de la colère au marchandage, comme s’il passait par toutes les phases du deuil. Petit à petit, grâce aux livres, il met des mots sur ses peines. Il comprend son désarroi grâce aux écrits de ceux qui sont passés par là.

Photo/DR

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Cet homme est interprété par Maxence Mailfort. Seul sur scène, il se meut avec une aisance qui force l’admiration. Tel un jeune homme de 69 ans, il est d’un naturel épatant que ce soit dans les mots ou dans les gestes. Et il vaut mieux, car il passe d’univers littéraire en univers littéraire sans cesse, de peine de cœur en joie d’aimer, du vieil amant à la jeune curieuse.
Car ce n’est pas son sentiment qu’il exprime, c’est celui, universel, d’Apollinaire, Eluard, Racine et Baudelaire, de Rimbaud et Jong Woo, de Cocteau, ou Saint-Augustin. Il fait rire avec Jean Yanne, intrigue avec Freud, enjoint à entendre Shakespeare en anglais.

Tout ce que l’homme dit, il le doit à un auteur plus ou moins célèbre, offrant ainsi un florilège des plus beaux textes d’amour que l’histoire de la littérature, du théâtre ont su engendrer, allant même picorer dans les écrits philosophiques et scientifiques.

affiche-crisdamourCes textes sont comme les pièces d’une mosaïque. Isolément beaux, pour ne pas dire plus, ils forment ensemble un dessin rendu cohérent par la vision de l’artiste et sa capacité à la réaliser.

Pour Quel Public :
Au spécialiste, Cris d’amour fait entendre ces si beaux textes qui nous ont rendu amoureux des belles lettres. A l’amateur occasionnel, cette pièce prend la forme d’un jeu, où l’on recherche l’identité des auteurs, d’indice en indice, sur la forme et sur le fond. A l’innocent, les mains pleines de tournures, de bons mots et de phrases qui nous touchent, nous attrapent, nous émerveillent. Et comme chaque spectateur a probablement en lui un peu de tout ça, Cris d’amour s’adresse à moi, vous, lui, elle… toi.

 

Cris d’amour,
Florilège d’écrits d’amour de et avec Maxence Mailfort
Mise en scène Luda Nekrassov, lumière Geneviève Soubirou, musique Avi Benjamin

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