Celui qui tombe, une envie de repousser les limites

30 septembre 2015, , , , , , , , , ,

celui-qui-tombe1Le Monfort théâtre avait déjà programmé le metteur en scène Yoann Bourgeois et son merveilleux L’Art de la fugue. Pour son retour au parc Georges Brassens, il signe un nouveau spectacle où la performance et la poésie se confondent.

L’histoire : Six individus sont confrontés à une scène qui semble vivante. Ils évoluent dans une série de tableaux successifs dans lesquels ils triompheront des difficultés en étant solidaires.

Sur scène : Sans un mot, trois femmes et trois hommes composent un petit groupe aux personnalités marquées et complémentaires. Septième personnage, le bout de scène de 20 à 30 m² semble mu par une certaine malice, avec ce que cela comporte de jeu et de drame.

Trois tableaux et trois idées

La pièce est divisée en trois tableaux et un épilogue. Le premier tableau est un moment de tension petit à petit désamorcé par la poésie de la scène, on y retrouve l’amour du metteur en scène de L’Art de la fugue pour la musique. A la fin de ce premier temps, le spectateur demeure bouche bée, fasciné par la performance, l’intensité et la beauté chorégraphique de la scène. Le deuxième tableau est un long temps calme, annonciateur d’une troisième partie particulièrement ludique.celui-qui-tombe3

La première idée, la plus frappante, est cette expérimentation de la scène vivante. Les moyens mis en œuvre pour animer ce morceau de bois sont impressionnants, mais ils sont à la hauteur de l’imagination, de la créativité. Jusqu’où peut-on aller avec une scène vivante ? Particulièrement loin grâce à la troupe de danseurs acrobates présents. Car le deuxième fil rouge de cette pièce est la qualité du travail accompli. Les gestes sont précis, chorégraphiés et volontiers porteurs de frissons. Il n’est pas rare que le public retienne son souffle ou s’exclame face à un danger imminent. A la performance scénique s’associe la performance humaine.

celui-qui-tombe2Liant suprême de ces composants : la poésie. Les chorégraphies cherchent rarement la coordination des corps. Il ne s’agit pas de danser en rythme, mais par les mouvements d’affronter ensemble des situations critiques. En quelques gestes et bien qu’en dehors des considérations matérielles, Celui qui tombe est une histoire de l’entraide, de la solidarité humaine comme seul salut.

Pour Quel Public :

Celui qui tombe est à l’image des meilleures productions du Monfort théâtre, un spectacle dans lequel les performances scéniques, acrobatiques et chorégraphiques ont quitté leur chapiteau. Sans atteindre la perfection de L’art de la fugue, Yoann Bourgeois propose un nouveau moment de magie et de frissons que l’on voudrait montrer à tous ceux qui s’imaginent qu’ils n’aiment pas le spectacle vivant.

Celui qui tombe

Conception, mise en scène et scénographie Yoann Bourgeois assisté de Marie Fonte
Avec Jean-Baptiste André, Mathieu Bleton, Julien Cramillet, Marie Fonte, Elise Legros et Vania Vaneau en alternance avec Francesca Ziviani
Lumière Adèle Grépinet
Son Antoine Garry
Costumes Ginette
Réalisation scénographie Nicolas Picot, Pierre Robelin et Cénic constructions

Photos : Géraldine Aresteanu.

Saisons 2015-2016

Jusqu’au 10 octobre au Monfort théâtre

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